L’art  ethnique ou art premier se veut avant tout «être le témoin de son temps».
L’art classique répond à un désir d’expression et, ou un besoin décoratif.
Ces deux notions de l’art mêlées à la passion du voyage vont faire de ma peinture  un art nomade et vagabond, sans cesse enrichi au travers de la culture de l’autre, toujours porté par différents courants artistiques

 Le concept est simple : métisser toutes les influences culturelles perçues au travers de mes voyages. C’est un véritable coup de foudre pour la peinture aborigène d'Australie qui est à l’origine de cette passion .Cet art est pratiqué depuis la nuit des temps ; aujourd’hui encore, les artistes utilisent des pigments naturels trouvés dans le bush.

Ces couleurs basiques allant du noir (extrait de charbon) au blanc( kaolin ), en passant par les ocres jaunes et les ocres rouges ,vont m’accompagner tout au long de ma route et influencer mon travail.
Toujours plus proche de la nature et de ses trésors insoupçonnés, j’ai très vite délaissé toiles et papiers anonymes pour partir à la recherche de supports dignes de cette peinture : le bois. Pas n’importe quel bois .Des écorces de toutes sortes ramenées de pays lointains ou de régions toute proches. Des écorces de marronniers de Normandie , de mélèzes du Queyras , d’eucalyptus du Maroc, sont façonnées , poncées et mises sous presse , elles sont alors prêtes à être peintes.

Mon support favori reste le bois flotté, des surfaces planes roulées par les vagues et blanchies par le sel, glanées aux quatre coins du monde ou plus simplement en corse où je vis, véritable « île aux trésors »…

De petite taille ou de grande taille .De la dimension et la forme de la trouvaille naît l’inspiration .Le bois est façonné et traité de la même manière que les écorces Ces deux éléments, le support et la couleur sont le fil conducteur de l’ensemble de mon travail .De ce fait il se dégage une impression d’unité bien que toutes les pièces soient uniques.
On y retrouvera toujours, émanant de l’inspiration originelle de la peinture aborigène, des cercles concentriques, un crocodile, un poisson, dans tous les cas un symbole, et l’utilisation du pointillisme.
N’étant pas culturellement en mesure de transmettre un art aborigène pur, j’ai préféré laisser divaguer mes sensibilités.
Au fil du temps, sont venues s’infiltrer des influences de l’Inde , des frises de bas reliefs d’Indonésie , des arabesques aperçues sur des zelliges marocains , des fragments de mosaïques anciennes étudiées dans le Moyen Orient.